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5. L’évaluation du bien-fondé des déclarations faites par les organisateurs de défilés gay que la marche ne viole pas les droits et les intérêts légitimes des croyants.

Selon les traditions de tous les peuples de la Russie et des autres pays du monde, le thème de la morale sexuelle est particulièrement délicat. Il est difficile d’évaluer les conséquences de certains comportements immoraux dans le domaine sexuel avec la même précision que l’on évalue les conséquences d’une influence physique sur un individu comme, par exemple, un traumatisme. Par conséquent, les affirmations des organisateurs de défilés gay, selon lesquelles il est impossible d’évaluer précisément et objectivement l’impact des manifestations de ce genre et qu’ils n’entraînent aucune conséquence négative, sont mal fondées.

Les représentants des cultes religieux principaux de Russie ont fait leurs déclarations fermes et catégoriques187 faisant état de leur attitude extrêmement négative envers les défilés gay planifiés dans quelque ville de Russie que ce soit, car de pareilles manifestations sont perçues par les croyants comme un insulte délibéré de leurs sentiments religieux et une humiliation brutale de leur dignité humaine.

Lorsqu’on examine la question d’admissibilité des défilés gay, dans la majorité des cas on ne prend en compte qu’un aspect de ce problème, on ne tient compte que des intérêts des homosexuels. Tout en oubliant la nécessité de respecter les droits et les convictions des gens qui ont une opinion différente, surtout, dans les pays où la majorité absolue des citoyens s’oppose à la définition publique et, tout particulièrement, législative des rapports homosexuels comme une norme sociale en les considérant non naturels, anormaux, obscènes et immoraux et objecte catégoriquement contre l’imposition aux enfants de tels rapports comme normaux et, de plus, comme un mode de vie acceptable.

Dans une société démocratique les citoyens, qui ont un jugement négatif sur l’homosexualité à cause de leurs convictions religieuses, ont tous les droits au respect et à la protection de leurs convictions religieuses et morales et le droit à l’éducation de leurs enfants en conformité avec leurs principes religieux et moraux (p.3, article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels; p.4, article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques).

La Cour Européenne des droits de l’Homme estime que l’Etat est tenu de prendre en compte le rôle et l’influence de la religion sur la société en statuant sur l’admissibilité des manifestations capables d’outrager les sentiments religieux des croyants: «De plus, il convient de prendre en compte le grand rôle que tient la religion dans la vie quotidienne des citoyens... la Cour ne peut pas négliger le fait que la religion catholique romaine est la foi de la majorité écrasante des tyroliens. Ayant interdit le film, les autorités autrichiennes ont agi aux l’intérêts de la paix religieuse dans cette région et afin d’éviter que certains citoyens aient le sentiment que leurs convictions religieuses fassent objet d’attaques outrageuses et mal fondées» (§§ 52 et 56 de la décision de la Cour Européenne des droits de l’Homme dans l’affaire «Otto-Preminger-Institut c. Autriche» du 20 septembre 1994).

La Cour Constitutionnelle de le Fédération de Russie partage également cette approche qui estime que «les principes de la démocratie pluraliste incorporés dans les fondements de l’ordre constitutionnel de la Fédération de Russie... ne peuvent pas être interprétés et réalisés sans tenir compte des particularités du développement historique de la Russie, de l’effectif national et confessionnel de la société de Russie ainsi que des particularités de l’interaction entre l’Etat, les pouvoirs politiques, les groupes ethniques et les confessions religieuses» (§ 4 de l’Arrêté № 18-P188 du 15 décembre 2004). Cet arrêté porte sur la réglementation législative de la mise en place et du fonctionnement des partis politique, mais cette même approche s’inscrit parfaitement dans la problématique en question.

Par conséquent, l’Etat est obligé de tenir compte des exigences formulées par les plus grands organismes religieux. Un Etat démocratique est tenu de protéger la société contre les impacts destructifs sur ses fondements moraux ainsi que de protéger la dignité humaine de tous les citoyens, y compris les croyants.

A cet égard, il convient de noter l’opinion du magistrat Walsh de la Cour Européenne des droits de l’Homme du 22 octobre 1981 dans l’affaire «Dudgeon c. Royaume Uni»: «Si l’on reconnaît que l’Etat est intéressé à préserver les fondements éthiques de la société, il a alors le droit d’adopter les Lois qu’il estime nécessaires pour arriver à ces objectifs. La primauté du droit dépend de l’entente morale au sein de la société, en démocratie l’Etat ne peut pas s’en distancier. Si la Loi élève ou, au contraire, abaisse les impératifs de ce consensus, alors une telle loi ne provoquera que du mépris. Il est impossible d’imposer la vertu à l’aide de la Loi, mais cette dernière est susceptible de se transformer en une pépinière du vice en compliquant outre mesure la lutte pour la vertu. Une telle situation peut conduire à l’érosion de l’esprit moral d’un pays. La justification finale de la loi, c’est de servir aux objectifs éthiques»189.

Ainsi, les affirmations des organisateurs de défilés d’homosexuels selon lesquels la marche n’est pas contraire et ne porte pas atteinte aux droits, aux intérêts légitimes et à la dignité humaine des citoyens croyants doivent être reconnues comme mal fondées et fausses.


6. Évaluation de l’argumentation selon laquelle les défilés d’homosexuels sont admissibles parce qu’ils sont organisés depuis plusieurs années dans certains pays étrangers.

Lé référence à ce que les défilés gay sont organisés depuis plusieurs années dans certains pays étrangers comme une preuve d’admissibilité de la marche homosexuelle est mal fondée et peu convaincante, car il n’existe pas de standards communs et uniques dans le domaine de l’encadrement légal de protection de la moralité publique.

Un ensemble unifié de normes juridiques concernant l’homosexualité n’existe pas non seulement dans le monde entier, mais non plus dans l’Union Européenne toute entière. Dans certains pays, ces rapports sont admis, dans d’autres sont considérablement limités.

Il se peut que dans ces pays où les défilés gay soient entrés dans les meurs, leur tenue ne fait pas objet de protestations sociales. Mais en Russie, comme il a été déjà dit, cela outrage non seulement les sentiments religieux des croyants mais également les sentiments éthiques d’une grande partie de la société.

La Cour Européenne des droits de l’Homme a fait savoir à maintes reprises qu’il n’y avait pas et ne pouvait pas être de standards juridiques uniques et absolument identiques en matière de protection de la moralité publique dans tous les pays du monde et sur l’ensemble de problèmes éthiques, y compris la protection des sentiments religieux des croyants. La Cour a déclaré que les autorités publiques de certains pays spécifiques étaient mieux informées et plus efficaces que la Cour internationale quant à la définition des impératifs nécessaires à la protection des sentiments et des convictions contre les offenses.

«Dans le domaine moral et, surtout, dans le domaine des convictions religieuses il n’existe pas vraisemblablement de conception européenne unique des impératifs appelés à assurer «la protection des droits d’autrui» dans le cas d’attaques contre leurs convictions religieuses. Ce qui peut insulter gravement les gens ayant certains idées religieuses varie considérablement en fonction du lieu et de l’heure, surtout à l’époque où le nombre de religions et de fois ne cesse de s’accroître» (§58 de la décision du 25 novembre 1996 dans l’affaire «Wingrove c. Royaume Uni»)190 ;

«Comme dans le cas de la moralité, il est impossible d’extraire une idée commune pour toute l’Europe sur l’importance de la religion au sein de la société...; ces idées peuvent varier même à l’intérieur d’un seul pays. A cet effet, il est impossible d’élaborer une définition exhaustive de ce que représente une interférence admissible dans l’exercice du droit à la liberté là où ces propos sont dirigés contre les sentiments religieux d’autrui. C’est pourquoi les autorités nationales bénéficient d’une large discrétion quant à l’évaluation de la nécessité et de l’ampleur de cette intervention» (§50 de la décision de la Cour Européenne des droits de l’Homme du 20 septembre 1994 dans l’affaire «Otto-Preminger-Institut c. Autriche»)191.

Dans sa décision du 22 octobre 1981 dans le cadre de l’affaire «Dudgeon c. Royaume Uni» la Cour Européenne des droits de l’Homme a souligné: «Le fait que des mesures similaires ne sont pas indispensables dans d’autres parties du Royaume Uni ou dans d’autres Etats membres du Conseil de l’Europe, cela ne veut absolument dire qu’elles ne peuvent pas être reconnues comme nécessaires en Irlande du Nord...Dans les pays où il existe des communautés culturelles différentes de citoyens, les autorités publiques peuvent être confrontées à de divers impératifs éthiques et sociaux... La Cour reconnaît l’existence d’une forte résistance qui se fonde sur la conviction authentique et sincère d’un grand nombre de membres éminents et respectés de la communauté nord-irlandaise selon laquelle les amendements à la loi ébranleront gravement les principes de morale de la société irlandaise. Cette résistance... reflète l’avis de l’opinion publique sur les impératifs éthiques... et sur les mesures qu’il convient d’adopter afin de préserver les valeurs morales y dominant. Que cette prise de vue soit correcte ou erronée (elle peut certainement diverger de l’attitude envers ce problème dans d’autres communautés), le fait de son existence réelle dans certaines couches de la société nord-irlandaise est bien évidemment significatif à la lumière de l’article 8, p.2... Il devient absolument évident qu’il convient de prendre en compte l’opinion publique» (§§ 56, 57 et 58 de la décision).

Les normes législatives qui protègent la moralité dépendent de l’état moral de la société et de la conscience publique. Cette approche est parfaitement conforme à la position de la Cour Européenne des droits de l’Homme: «Il est impossible de trouver un concept européen unique de la «moralité» dans le droit interne de différents Etats contractants». La position selon laquelle les lois appropriées formulent les impératifs de cette dernière varie en fonction du lieu et de l’heure» (§ 48 de la décision dans l’affaire Handyside du 7 décembre 1976; une approche similaire est adoptée dans le § 35 la décision sur l’affaire «Müller et autres c. Suisse»)192.

Or, le fait que des défilés gay sont organisés depuis plusieurs années dans certains pays étrangers ne peut aucunement servir de fondement pour leur admissibilité dans les villes de la Fédération de Russie.


7. Évaluation de l’argumentation selon laquelle les défilés d’homosexuels sont admissibles parce que l’homosexualité est perçue comme une norme sociale dans un nombre de pays étrangers.

L’affirmation que l’homosexualité est perçue dans la majorité de pays étrangers ou même partout comme une norme sociale n’est plus qu’un mythe. Dans certains pays les autorités publiques préfèrent tout simplement de ne pas intervenir (jusqu’à une certaine limite) dans les problèmes des relations sexuelles. Cependant, la législation de tout un nombre d’Etats étrangers contient une multitude d’exemples lorsque les relations homosexuelles parmi certaines catégories de personnes sont qualifiées d’anormales et interdites.

Ainsi, la législation des Etats-Unis contient une interdiction impérative de recruter les homosexuels au service militaire dans les Forces Armées des Etats-Unis ainsi qu’une interdiction des relations homosexuelles entre les militaires.

L’Article 654 de la «Politique relative à l’homosexualité dans les Forces Armées», chapitre 37 «Les impératifs essentiels du service militaire», section II «Effectif militaire», sous-titre A «La Loi militaire générale», titre 10 «Les Forces Armées» du Corps des Lois des Etats-Unis stipule:



«L’interdiction du comportement homosexuel est un élément ancien de la Loi militaire qui reste actuel dans le contexte particulier du service militaire.

Les Forces Armées doivent maintenir une politique des cadres qui excluent les personnes dont la présence dans les Forces Armées conduirait à un risque inadmissible pour les standards élevés des Forces Armées dans le domaine moral, pour le bon état et la discipline ainsi que pour l’unité des divisions qui constituent la substance de la combativité.

La présence dans les Forces Armées de personnes qui démontrent une tendance ou une volonté de participer aux actes homosexuels constituerait un risque inadmissible pour les hauts standards moraux, pour le bon état et la discipline ainsi que pour l’unité des divisions qui constituent la substance de la combativité (sous-paragraphes 13, 14 et 15 § «a»).

Le sens des normes susmentionnées indiquent clairement que la législation des Etats-Unis qualifie les relations homosexuelles de menace pour les hauts standards moraux (qu’il s’agisse dans ce cas précis d’un groupe social concret), c’est-à-dire immoraux.

La Cour Européenne des droits de l’Homme dans sa décision sur l’affaire «Müller et autres c. Suisse» du 24 mai 1988 a reconnu le bien-fondé des arguments avancés par les tribunaux suisses ayant décidé que les tableaux représentant des actes multiples d’homosexualité, de zoophilie et de masturbation «seraient susceptible de blesser gravement le sentiment de la convenance sexuelle des personnes ayant une sensibilité normale». Elle a accepté, donc, qu’il existait certaines limites de convenance dans la vie sexuelle et que l’homosexualité, la zoophilie et la masturbation représentaient, par conséquent, une vie sexuelle indécente et anormale.

Or, l’affirmation que l’homosexualité est perçue comme une norme sociale dans certains pays étrangers et que cela entraîne l’admissibilité des marches d’homosexuelles dans les villes de la Fédération de Russie est mal fondée et fausse.


8. Évaluation de l’argumentation selon laquelle les défilés d’homosexuels sont admissibles parce que la Fédération de Russie a dépénalisé les relations homosexuelles.

Les références des idéologues de l’homosexualité à ce que la Fédération de Russie a dépénalisé (décriminalisé l’acte) les relations homosexuelles et à ce que cela était une preuve d’admissibilité d’une marche gay sont mal fondées et peu convaincantes, car l’abolition de la responsabilité pénale pour les relations homosexuelles ne voulait aucunement dire que l’Etat les approuvait et admettait leur propagande publique.

La Cour Européenne des droits de l’Homme a déclaré clairement dans sa décision du 22 octobre 1981 sur l’affaire «Dudgeon c. Royaume Uni» que la «décriminalisation d’un acte» ne signifiait pas son approbation (§ 61 de la décision).

Donc, la dépénalisation des relations homosexuelles par la Fédération de Russie ne peut certainement pas servir de justification pour l’organisation des défilés gay dans les villes de la Fédération de Russie.


9. La légalité des restrictions introduites par l’Etat sur l’organisation des marches d’homosexuels afin de protéger la moralité publique.

En conformité avec la partie 3 de l’article 55 de la Constitution de la Fédération de Russie, les droits et les libertés de l’homme et du citoyen peuvent être limités par la Loi Fédérale dans la mesure où cela est nécessaire pour la protection de la moralité, des droits et des intérêts légitimes des autres personnes.

Cette norme correspond à l’article 11 de la Convention Européenne sur la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (Rome, le 4 novembre 1950): «Toute personne a droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, y compris le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts. L’exercice de ces droits ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui...».

Etant donné que dans la perception de la majorité absolue des citoyens de la Fédération de Russie un défilé gay outrage la morale publique et les sentiments éthiques des citoyens, l’Etat a le droit d’interdire l’organisation de défilés gay et de manifestations publiques similaires ou, au moins, de les confiner aux endroits fermés à une visite libre pour prévenir les situations où les personnes se trouvant par hasard à côté d’une marche homosexuelle seraient contraint de voir et d’entendre ce spectacle et de subir, malgré elles, son influence ciblée.



La légalité des mesures restrictives adoptées par l’Etat en vue de protéger la morale publique a été confirmée à maintes reprises par la Cour Européenne des droits de l’Homme.

Ainsi, dans la décision sur l’affaire «Müller et autres c. Suisse» du 24 mai 1998 la Cour Européenne des droits de l’Homme a estimé que l’intervention de l’Etat dans l’exercice par le requérant de son droit à la liberté d’expression était bien fondée et nécessaire dans une société démocratique afin de protéger la morale publique. En quoi consistait l’essence de l’affaire? En 1981 une exposition d’art moderne «Fri-Art 81» a été organisée dans le bâtiment de l’ancien séminaire du canton de Fribourg. Cette exposition était consacrée au 500ème anniversaire de l’adhésion du canton de Fribourg à la Confédération Helvétique. Un des participants à l’exposition, Joseph Félix Müller, a peint en trois nuits trois tableaux grand format (3x2 m chacun) qu’il a appelés «Drei Nächte, drei Bilder» («Trois nuits, trois tableaux»). Ces tableaux représentaient de façon naturaliste des actes homosexuels multiples, des actes de zoophilie et de masturbations. Les tableaux ont été exposés dès le début – le 21 août 1981. L’exposition a été annoncée dans les mass média et par les affiches et était ouverte à tous à titre gratuit et indépendamment de l’âge. Le catalogue de l’exposition contenait les reproductions photographiques des tableaux. A la suite du recours déposé par un visiteur scandalisé par l’influence que ces tableaux ont eu sur sa fille mineure et d’un autre incident lorsqu’un autre visiteur a arraché un des tableaux s’est mis à le piétiner, le procureur général du canton de Fribourg a saisi le tribunal le 4 septembre 1981 ayant estimé que ces tableaux constituaient un corps du délit prévu par l’article 204 du Code pénal de la Suisse193 qui interdisait les publications obscènes. En plus, un des tableaux a violé, selon lui, la liberté de conscience au sens de l’article 261 du Code pénal de la Suisse194. La police a retiré les tableaux et leur auteur Müller et neuf autres participants à l’exposition ont été condamnés à payer des amendes, les tableaux étant confisqués. Selon la Cour Suprême de la Suisse, les tableaux de Müller «étaient susceptibles de blesser les sentiments moraux des citoyens ayant une sensibilité normale». Ensuite les tableaux ont été restitués aux propriétaires. Le 22 juillet 1983 les demandeurs (Müller y compris) ont saisi la Commission Européenne des droits de l’Homme qui a interpellé la Cour Européenne des droits de l’Homme le 12 décembre 1986. Les demandeurs ont déclaré que les amendes et la confiscation avaient violé leur liberté d’expression. La Cour Européenne de droits de l’Homme a statué que les jugements des tribunaux suisses étaient bien fondés, qu’ils étaient conformes aux «exigences sociales réelles» et que la condamnation des demandeurs et la confiscation des tableaux n’étaient pas contraires à l’article 10 de la Convention Européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. La Cour a également reconnu que ces tableaux «étaient susceptibles de blesser gravement les sentiments de convenance sexuelle des personnes ayant une sensibilité normale» soulignant que «les tableaux en question représentaient les relations sexuelles brutales, particulièrement, entre les hommes et les animaux» et que «le public avait un accès libre à ces toiles, les organisateurs de l’exposition n’ayant fixé de prix d’entrée ni d’âge minimum des visiteurs». La Cour a également mis en relief que les autorités suisses avaient le droit légitime de mettre fin à la démonstration de ces tableaux en tant qu’une mesure indispensable pour la protection de la morale publique et de la société195.

Cela faisant, la Cour Européenne des droits de l’Homme a reconnu que la démonstration des toiles représentant les actes d’homosexualité, de zoophilie et de masturbation «étaient susceptibles de blesser les sentiments des citoyens à une sensibilité normale» et qu’elle portait atteinte à la morale publique.

L’absence de limitations à l’accès des enfants aux matières obscènes a joué un rôle essentiel pour la motivation de ladite décision de la Cour Européenne des droits de l’Homme sur l’affaire «Müller et autres c. Suisse». Selon la Cour, l’examen de l’affaire devait tenir compte du contexte de démonstration des tableaux représentant les scènes d’homosexualité, de zoophilie et de masturbation.

La même approche est adopté dans la décision de la Cour Européenne des droits de l’Homme sur l’affaire «Otto-Preminger-Institut c. Autriche» du 20 septembre 1994 (§ 53).

Force est de constater que cette approche a un lien direct avec le problème de l’organisation de défilés gay et est tout à fait applicable à la situation en Russie. La questions de l’admissibilité des défilés gay doit être analysée dans l’optique de l’influence qu’ils exercent sur les témoins involontaire ne partageant pas les convictions homosexuelles et, tout d’abord, sur les enfants.

Les restrictions des marches homosexuelles dans l’intérêt de la morale publique sont d’autant plus légitimes lorsqu’on tient compte du fait que leurs organisateurs poursuivent en parallèle des buts lucratifs ce qui tranche manifestement avec la rhétorique de défense des droits de l’Homme.

Comme la pratique étrangère en témoigne, la propagande d’ampleur de la «culture gay» et de l’homosexualité comme un mode de vie est un investissement avantageux, car la communauté homosexuelle ainsi façonnée devient un consommateur permanent des vêtements, des produits cosmétiques et des attributs appropriés196, fréquente les clubs gay, se sert des agences de voyage pour les homosexuels etc. On assiste à la mise en place d’une infrastructure ramifiée qui dessert la communauté homosexuelle en exploitant le sujet des relations sexuelles et des vices humains afin de promouvoir l’homosexualité et de rechercher des profits.

Un défilé gay est un outil efficace pour attirer de nouveaux clients et de nouveaux consommateurs des produits et prestations fournies par cette infrastructure. En sus, un défilé gay représente, quant à lui tout seul, un projet commercial.

Ainsi, en 2000 à Sydney (Australie) une parade des gay et des lesbiennes s’est tenue pour la 23ème fois dans le cadre du festival «Mardi gras» qui a réuni 6000 participants dont la moitié était venue de l’Amérique du Nord et près de 600 mille spectateurs. Selon les affirmations des organisateurs de défilés gay, cette entreprise était extrêmement lucrative; seulement en 1999 un défilé d’homosexuels a apporté 100 millions de dollars australiens (près de 63 millions, USD) au budget de la ville de Sydney. En 2000, ce chiffre est allé, selon l’évaluation des organisateurs, à quelques 140 millions197.

En plus de l’aspect éthique du problème des défilés gay, il convient d’attirer l’attention sur le fait qu’en imposant l’homosexualité les militants des marches homosexuelles n’informent pas les participants du préjudice considérable que portent les relations homosexuelles à leur santé.

Le paragraphe 4.2.5 «La définition des indices de la pédérastie» de l’Instruction sur l’organisation et la réalisation des recherches d’experts par le bureau de médecine légale adoptée par l’Ordonnance № 161 du Ministère de la Santé de Russie du 24 avril 2003 décrit en détail de multiples conséquences extrêmement nuisibles et dangereuses pour la santé de l’homme qu’entraînent les actes homosexuels sous forme de traumatismes substantiels et spécifiques afférents à l’accomplissement de tels actes et de maladies liées avec ceux-ci.

Il n’y a aucun doute qu’une société démocratique est en droit de se protéger contre cette propagande de la mutilation volontaire.

Or, la restriction des défilés gay par l’Etat en vue de protéger la morale publique est tout à fait légitime.
10. Évaluation de l’argumentation selon laquelle les défilés d’homosexuels sont nécessaires «à la protection d’une forme de la famille».

La motivation en faveur de l’organisation des défilés gay pour protéger une des formes de la famille est mal fondée, car une alliance homosexuelle ne constitue pas une famille et dans plusieurs pays où une alliance homosexuelle est autorisée elle ne se nomme pas une famille mais un partenariat.

Dans sa décision du 10 mai 2001 sur l’affaire «Antonio Mata Estevez c. Espagne»198 la Cour Européenne des droits de l’Homme (se référant aux décisions de la Commission des droits de l’Homme du 03 mai 1983 sur l’affaire «X. et Y. c. Royaume Uni» et du 14 mai 1986 sur l’affaire «Sympson c. Royaume Uni») a déclaré que «les rapports homosexuels prolongés entre deux hommes ne font pas l’objet du droit au respect de la vie familiale protégé par l’article 8 de la Convention»199. Ainsi, la Cour Européenne des droits de l’Homme a reconnu que les mariages homosexuels ne pouvaient pas bénéficier de la protection juridique identique à la protection des familles hétérosexuelles.

En Fédération de Russie la majorité absolue de la population ne considère pas et ne reconnaît pas une telle alliance comme équivalente à une famille. Une telle alliance est contraire au concept même de la famille en ce qui concerne son rôle d’institut social régissant les rapports sexuels et de reproduction démographique de la société.

Par analogie, il est absolument mal fondé de considérer que l’interdiction des défilés gay constitue une ingérence dans la vie privé des homosexuels. Cette approche avancée par les homosexuels inverse la situation réelle lorsque les idéologues de l’homosexualité imposent délibérément aux autres les préférences homosexuelles et empêchent les parents d’éduquer normalement leurs enfants en intervenant dans la vie privée d’autres citoyens et en transgressant leurs droits.

Or, l’argumentation selon laquelle les défilés gay sont nécessaires à «la protection d’une forme de la famille» est fausse.


11. Le mal fondé de la critique de l’homosexualité et de sa propagande comme une «homophobie».

Lorsqu’on examine la légalité des défilés gay, très souvent la discussion s’accompagne d’une manœuvre de la polémique incorrecte – la distribution de l’étiquette «d’homophobes» parmi les opposants à ce genre de manifestations: «L’homophobie est le résultat de l’intolérance dans toutes ses formes envers tous les hétérodoxes et les jeunes, tout comme les adultes, y sont sensibles. Le rejet d’une autre orientation sexuelle a les mêmes racines que le nazisme. De plus, plusieurs homophobes sont des homosexuels latents... L’individu ne peut pas enjamber les normes morales enracinées dans sa conscience et se transforme en un adversaire farouche de ce qu’il veut le plus»200.

La substance du problème est par conséquent dénaturée. En réalité, il n’existe pas de «phobies» à l’égard des homosexuels au niveau de ceux qui rejettent le mode de vie, les convictions et les préférences homosexuels et qui protestent contre l’imposition de l’homosexualité.

Le mot «phobie» désigne un sentiment persistant de peur, qui se développe pendant certains types de psychoses201, et reflète une affection et une psychopathologie.

Le terme «homophobie» est aussi «substantiel» et argumenté que le terme «hétérophobie» obtenu de la même façon artificielle. L’expression «homophobie» a été créée de façon purement artificielle par une compilation de deux mots en vue d’une manipulation psychologique. La première partie de cette construction «homo» (du grec homos – égal, réciproque, commun) n’a rien à voir avec les perversions sexuelles. L’interprétation littérale de ce terme le prive entièrement de sens. Comme il a été dèjà dit, les homosexuels bénéficient des mêmes droits constitutionnels de base que les hétérosexuels.

Il convient de noter que plusieurs gens, qui ne maîtrisent pas la terminologie médicale spécifique, pourraient associer la notion «homophobe» (les propagandistes de ce concept y comptent beaucoup sur cela) avec l’aversion pathologique pour les hommes en général (du lat. homo – homme). La manipulation consiste à ce que l’attitude négative envers l’homosexualité est assimilée à l’attitude malveillante et misanthrope envers les gens en général ce qui est faux.

Si la soi-disant «culture gay» se positionnait auparavant comme une exclusivité élitiste, une provocation morale et esthétique d’ordre avant-gardiste visant un nombre limité de consommateurs, alors aujourd’hui elle fait objet d’une large propagande non seulement parmi «le public intéressé», mais elle est imposée à la majorité de la population.

Dans le contexte du rejet catégorique de l’homosexualité par la majorité absolue des citoyens de Russie, il est facile de prévoir la réaction de la population à l’imposition de l’homosexualité, à l’attentat au droit des hétérosexuels de faire le propre choix, à la liberté d’opinion et à l’orientation hétérosexuelle.

Puisque qu’il n’existe pas de fondements juridiques qui exigeraient aux citoyens de tolérer la violation de leurs droits qu’est la propagande agressive de l’homosexualité, les idéologues de l’homosexualité sont forcés d’utiliser l’étiquette idéologique d’«homophobe» en absence de l’argumentation significative sur le plan juridique et factuel.

En réalité, il est légitime de parler de l’impératif social et moral de l’hétérosexualité qui est propre à toutes les cultures traditionnelles et à l’humanité en général.

Le mot «homophobie» contient initialement une incorrection terminologique et une substitution sémantique préméditée qui lie sans aucune raison l’attitude négative envers l’homosexualité aux pathologies psychiques dont souffriraient les critiques de la propagande homosexuelle.

L.Lobanova écrit: «Le mot «homophobe» s’est largement répandu et est devenu une étiquette injurieuse préférée des partisans du politiquement correct. Parmi ceux qui l’emploient aujourd’hui à tort ou à raison peu savent ce qu’il veut dire. L’homophobie est... un terme qui désigne un trouble pathologique, une aversion maladive de l’homosexualité qui s’explique par la peur étouffée de sa propre homosexualité. Maintenant ce mot est employé à l’égard de tous ceux qui montrent la moindre prévention contre les homophiles et osent timidement de mettre en cause un des droits spécifiques qui leur devraient être accordés comme aux représentants de la minorité «victimisée»202.

Il n’existe aucune raison d’utiliser le terme de «phobie» envers un désaccord de principe avec le mode de vie, le comportement ou les convictions homosexuels, et, d’autant plus, pour désigner par ce mot toute protestation contre l’atteinte aux droits des hétérosexuels et contre l’imposition de l’homosexualité à ces derniers.

Ignorant cette évidence, les propagandistes de l’homosexualité collent cette fausse étiquette à tous leurs critiques.

Il en va de même pour une fausse accusation «d’homophobie internationalisée»203 à l’égard des critiques qui est typique pour les propagandistes de l’homosexualité. Le terme «homophobie internationalisée» n’a aucun rapport avec la médecine ou la psychologie étant une fausse étiquette idéologique utilisée à des fins de propagande. Si l’on adopte cette approche incorrecte, il s’avérera qu’il n’y pas d’hétérosexuels sur cette planète mais il n’y a que des homosexuels manifestants ou latents. Selon cette logique perverse, tous ceux qui s’opposent au racisme sont des racistes cachés et tous les pacifistes sans exception sont en réalité des militaristes agressifs latents. Il est évident que cela est absurde et que l’argumentation de genre n’est qu’une manipulation psychologique.

L’attribution sans fondement de pathologies psychiques (phobies) aux personnes qui ne partagent pas les convictions homosexuelles est un procédé immoral qui sert en plus pour intenter en justice les actions en protection de l’honneur et de la dignité.

En outre, vu que certains mass média sympathisant aux homosexuels s’efforcent d’assimiler le terme «homophobe» avec celui «d’extrémiste», une appellation publique «d’homophobe» de la personne qui critique l’action illégitime d’imposition de l’idéologie homosexuelle peut être qualifiée dans certains situations de calomnie.

En ce qui concerne la tentative d’organiser un défilé d’homosexuels à Moscou, il convient de noter que les Moscovites n’ont pas exigé d’interdire les organisations d’homosexuels. Mais c’est justement la position agressive prosélytique, les actions et des déclarations faites par certains idéologues d’homosexualité pour provoquer sciemment un conflit avec les autorités moscovites au sujet d’une marche homosexuelle interdite en mai 2006 qui ont conduit à l’organisation de piquets près de certaines clubs gay à Moscou au printemps 2006 et ont suscité une vague d’indignation dans la société de Russie, en général, et à l’égard des homosexuels. Cela est corroboré par l’analyse d’un représentant connu de la communauté homosexuelle Boris Moïsséev qui a déclaré: «On n’a pas besoin de ce défilé. Il ne faut pas encourager l’aversion des gay. Nous voulons de la tolérance, mais ce comportement ne pourra que mettre en colère les couches les plus larges de population. Il y a des clubs, des discothèques»204.

Or, il est mal fondé et faux de qualifier «d’homophobie» la critique de l’homosexualité et de sa propagande.
Déductions.

La reconnaissance par l’Etat du droit de l’Homme de choisir librement son orientation sexuelle ne conditionne pas et ne donne pas lieu au droit des homosexuels d’imposer aux autres leurs préférences et leurs convictions homosexuelles, d’attenter aux droits des hétérosexuels et, d’autant plus que, de se livrer à une propagande publique de l’homosexualité parmi les enfants.

L’organisation dans les villes et d’autres localités de la Fédération de Russie de défilés gay et de manifestations publiques similaires à accès libre représente une provocation, qui s’accompagne de l’outrage aux sentiments religieux et moraux et de l’humiliation de la dignité humaine des citoyens de la Russie, et une violation de leurs droits et libertés.

Il est légitime que l’Etat imposent des restrictions sur les défilés gay en vue de protéger la morale publique et les droits, les libertés de l’Homme.

«Les marches homosexuelles» n’ont rien à voir avec la défense des droits et des libertés de l’Homme, ne constituent pas une forme de protestation contre la discrimination selon quelque critère que ce soit, mais représentent un outil sophistiqué et cynique de la propagande importune de l’homosexualité en tant qu’un mode de vie normal et prestigieux, une norme des relations et du comportement sexuels, une propagande réalisée, entre autre, à des fins lucratifs.
Le 25 juillet 2006
Docteur ès-sciences juridiques, professeur P. Koulïev
Docteur ès-sciences juridiques, professeur M. Kouznetsov
Docteur ès-sciences juridiques I. Ponkine
Docteur ès-sciences juridiques, professeur A. Bogatyrev
Femme de science émérite de la Fédération de Russie, H. Mikhaleva

docteur ès-sciences juridiques, professeur



En ce qui concerne l’analyse de l’impact des défilés gay et l’absence de fondement pour l’utilisation du terme «homophobie» à l’égard des critiques de l’homosexualité:
Docteur ès-sciences psychologiques V. Abramennkova
  

Kuliev P., Kuznetsov М., Ponkin I., Bogatyrev А.,

Mikhaleva N., Abramenkova V. About gay-parades
I. Introduction

The report was prepared following the address of Ekaterinburg Association of Parents’ Committees.



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